INTRODUCTION

L’échelon régional fait aujourd’hui l’objet d’un consensus en tant que territoire pertinent de la mise en œuvre des politiques de santé et de la réforme du système sanitaire et social.

L’organisation au niveau régional est considérée comme la clé d’une nouvelle répartition de l’offre de soins qui permet de contenir les dépenses, de réduire les inégalités sur le territoire et de favoriser une véritable coordination des intervenants en santé.

L’évolution du contexte économique, social et législatif semble également entraîner une transformation du système de la formation professionnelle sanitaire.
La formation est désormais reconnue comme un facteur de développement économique à part entière. La formation est un investissement de base.

Le Conseil Européen de Lisbonne1 des 23 et 24 mars 2000, incite l’Union Européenne à devenir “la Société de la Connaissance” la plus compétitive et la plus dynamique du Monde d’ici 2010.

Le développement de la formation professionnelle en est un élément crucial. Les Universités, les Grandes Écoles, la Formation Professionnelle sont appelées à devenir les acteurs économiques de demain. La connaissance devient la clé de la compétitivité et du développement économique et social.

Dans le cadre de la formation professionnelle, le Développement Professionnel Continu (D.P.C.) institué par la Loi HPST vise au développement des compétences tout au long de la vie.
Sur le plan démographique, la baisse significative du volume de la population active prévue à en 2007, est qualifiée de choc démographique.

Jusqu’alors en augmentation, le nombre d’actifs devrait diminuer de 30 000 par an jusqu’en 2010, pour atteindre 80 000 par an, vers 20202. De grandes disparités existent selon les branches professionnelles et les territoires.
Les métiers de la santé connaîtront une croissance de l’emploi mais aussi des départs importants à la retraite3.
Tous les acteurs en charge de la formation professionnelle sanitaire devront se montrer attractifs pour résoudre les problèmes de recrutement à venir.

En ce qui concerne notre département, en 2030, les Bouches-du-Rhône devraient compter plus de 31 600 personnes âgées dépendantes, soit une augmentation de 37 % en trente ans.

A l’heure actuelle, 64 % des personnes dépendantes vivent à domicile. Elles se font aider par une tierce personne. Les autres personnes sont accueillies en institution.
La prise en charge des personnes âgées va nécessiter une augmentation significative du nombre de places en institution et de l’aide à domicile dans les années à venir.
Selon que l’offre d’accueil en structures collectives évolue au rythme actuel ou deux fois plus vite, le nombre d’aidants professionnels à domicile devra augmenter de 50 % ou 25 % d’ici 2030. Ces prévisions supposent que l’aide apportée par les proches continue de satisfaire plus de deux tiers des besoins d’aide4.

Parallèlement, le transfert des compétences dans le domaine de la formation sanitaire répond à trois préoccupations :

  • Investir la région d’une responsabilité claire et lisible dans le domaine de la formation sanitaire,
  • Structurer l’offre – besoin ainsi que les débouchés en matière d’emploi
  • Instaurer une cohérence entre les différents dispositifs.

Cela implique pour la région de bien connaître en amont, les besoins en personnel des employeurs à plus ou moins longue échéance, leurs flux (départs à la retraite, mobilité interne, professionnelle ou géographique …) de façon à mettre en œuvre une offre de formation de qualité, quantitativement suffisante mais aussi une formation dont l’enjeu est de répondre et de s’adapter à un système de santé en mutation permanente : technologies innovantes, durée moyenne de séjour écourtée… « Les infirmiers sont de plus en plus confrontés aux mouvements de la société qui les obligent à comprendre rapidement les informations, à rechercher de meilleurs solutions à des problèmes divers et toujours différents, à s’adapter à des modes de prises en charges variées… » (Coudray & Gay, 2009, p38).

Les projets et dispositifs de formation élaborés par l’équipe pédagogique des instituts de formation du GCSPA prennent en compte l’évolution de ce contexte et en particulier la qualification des professionnels à former pour répondre aux besoins en santé sur le territoire.


 

1 – Conclusions de la Présidence du Conseil Européen. 22 et 23 mars 2000. Lisbonne.
2 – Alternatives économiques. Les chiffres de l’économie. 4ème trim. 2003, Hors série n° 58.
3 – Données démographiques. Horizon 2005. www.fhf.fr
4 – SUD INSEE N° 73 septembre 2004